troubles alimentaires helene dujardin

Mieux comprendre les Troubles alimentaires : une synthèse d’article par Hélène Dujardin Sophrologue Méditation Paris 11

Mieux comprendre les troubles alimentaires, une synthèse d'article par Hélène Dujardin, sophrologue, praticienne en méditation

Les troubles alimentaires (anorexie, boulimie, hyperphagie, orthorexie, compulsions alimentaires) sont des maladies difficiles à soigner.

Quelques chiffres en préambule de cet écrit:

  • L’anorexie mentale toucherait 230 000 personnes, à 97% des femmes et 60/70% ont moins de 25 ans
  • La boulimie toucherait 400 000 personnes, là aussi majoritairement des femmes
  • La compulsion (les chiffres mentionnent la compulsion sévère avec au moins deux crises par semaine) toucherait 6 à 8% de la population entre 15 et 55ans, soit environ 500 000 personnes

Source

Cet écrit est la synthèse d’un article dont voici le lien. Au-delà de la dimension religieuse, dont je ne retiens pas forcément le propos ici, cet article m’a semblé intéressant pour comprendre les processus en jeu dans les troubles alimentaires. Il est écrit par Helena Wilkinson, une ancienne anorexique devenue thérapeute dans ce domaine des troubles alimentaires.

La lecture de cet article peut amener des prises de conscience, première étape, à tout changement. Voilà pourquoi j'ai eu envie d'en faire cette synthèse.

  1. Quelques éléments pour comprendre l’anorexie

Chaque personne est unique mais des points communs se retrouvent dans les expériences des personnes atteintes d’anorexie : l’anorexie sous-tend une série de problèmes, dont elle devient en quelque sorte la solution

La gestion de la souffrance et de la colère

 

o   L’anorexie est un système pour affronter la souffrance, en se dispensant de sentir ses sentiments, vécus notamment comme négatifs : une fuite de ces sentiments

o   Une forme de protection avec un repli sur soi et une focalisation sur la nourriture

L’identité et notion de contrôle

 

o   Les problèmes d’identité ont plusieurs origines et notamment familiales : dans un contexte de construction de sa propre identité  à la période de l’adolescence, et face à des parents qui « brident », « contrôlent », l’anorexie peut être le moyen de contrôler sa vie plutôt que de laisser les autres la contrôler.
L’interdépendance

 

o   A l’intérieur de la personne anorexique, se livre le combat entre la soumission excessive et son désir (mais une crainte aussi) d’indépendance, exprimée par l’anorexie
Responsabilités

 

o   La personne qui souffre d’anorexique a des difficultés à faire des choix : cela reflète sa difficulté à se connecter à ses besoins, qui ne la préoccupent pas, puisqu’elle est convaincue de ne rien mériter
La perfection

 

o   La personne anorexique n’existe qu’au travers de deux polarités : perfection ou échec. Et pour le corps, la personne est motivée par une atteinte de pureté, pensant qu’en se débarrassant des graisses, elles pourront se débarrasser du mal à l’intérieur de soi
Le contrôle o   L’anorexie se présente comme le seul moyen de contrôle

 

  1. Quelques éléments pour comprendre la boulimie

 

Les conflits

 

o   La personne boulimique cherche à maîtriser sa vie, elle éprouve par ailleurs de grands besoins intérieurs : un conflit s’installe chez elle entre la part d’elle-même qu’elle estime pouvoir montrer, qui maitrise et celle honteuse, mauvaise, qui cache ses problèmes
Les relations

 

o   En avalant, la personne exprime ses besoins affectifs, les comble et en les vomissant, elel les rejette, terrifiée à l’idée qu’ils puissent être satisfaits

o   La personne qui est boulimique a envie de sentir aimée mais a peur de ce que les autres pourraient penser à propos d’elle, de la découverte de son intériorité

L’amour

 

o   La personne boulimique recherche dans ses relations l’amour qu’elle n’a pas reçu dans son enfance, déçue de son attente.
Les sentiments négatifs

 

o   La personne boulimique utilise ce comportement alimentaire pour affronter ses difficultés : en avalant de la nourriture, elle s’autorise à sentir ses sentiments négatifs, puis elle réalise ce qu’elle a fait, et en les vomissant, cela lui permet de se débarrasser de ses sentiments négatifs

o   « au lieu de se sentir abattue, la boulimique ressent un appétit incontrôlable » Marylin Lawrence

 

  1. Quelques éléments pour comprendre la compulsion alimentaire
Un besoin de posséder davantage

 

o   La personne qui mange compulsivement peut exprimer un besoin de posséder davantage non seulement d’aliments mais aussi tout ce dont elle s’estime privée à ce moment là : affection, attention, sollicitude, temps…

o   L’obsession de manger est le revers de la médaille de l’anorexie : tout ce qui a été dit, s’y applique avec un comportement inversé

Problèmes affectifs sous-jacents

 

o   Le mangeur compulsif peut souffrir de solitude et manger est plus sécurisant qu’aimer : la nourriture est toujours là, pas les gens.

o   Manger, c’est avoir quelque chose à la bouche, qui réchauffe, sécurise, permet d’oublier ses blessures

o   Ces craintes, cette insécurité peuvent être également liées à des traumatismes subis.

Soulagement o   La nourriture comme antalgique à la souffrance, qui en devient une dépendance
La colère

 

o   Il est plus « facile » d’être en colère contre le poids, que contre ce qui a pu être à l’origine de la prise de poids. La graisse offre ici une forme de protection contre l’autre et sa colère
La peur

 

o   Coexiste dans la personne boulimique deux personnages :l’une mince, celle qui est capable et l’autre gros, qui illustre les aspects détestés de sa personnalité
Le vide

 

o   Le vide affectif est une notion majeure chez la personne boulimique, vide qui est évité, comblé par la nourriture

 

  1. Le contexte familial

Comme l’écrit Helena Wilkinson, le sujet est à traiter avec précaution : ce n’est de la faute de personne : juste des constats posés et une compréhension de la personne qui se fait en elle-même et dans son contexte familial

Traits marquants chez les parents

 

o   Des parents qui s’occupent souvent très bien des aspects matériels, mais avec des conflits intérieurs à résoudre et un échec de l’apprentissage de la gestion des émotions vis-à-vis d’eux-mêmes et de leurs enfants

o   Des attentes placées et des problématiques de communication

Les limites

 

o   Dans les familles où se trouvent la personne anorexique, le besoin d’avoir une vie privée au sein du groupe familial est vécu comme un rejet. Même les sentiments deviennent propriété de la famille. Par ex, la mère bouleversée elle-même car sa fille est bouleversée, au point que l’enfant doive la réconforter. Les limites sont franchies
Les implications

 

o   L’enfant va avoir des difficultés à émettre sa propre opinion, devant une expression trop importante de la mère par exemple. Ainsi l’implication excessive, la surprotection, l’absence de volonté au changement, la tendance à éviter les conflits sont des domaines problématiques.
Les sentiments

 

o   Refouler ses sentiments pour être accepté. Les troubles du comportement alimentaire deviennent un moyen indirect de communiquer

 

  1. Les relations entre troubles alimentaires et sexualité
  • Attitude du patient
    • La personne anorexique a peur de grandir, honte du changement de son corps qui peut la faire basculer dans l’anorexie
    • Pour la personne boulimique, existe un lien entre sexualité et alimentation. elle a peur de perdre le contrôle de ce qu’elle mange comme elle a peur de perdre le contrôle des relations sexuelles.
    • Pour les personnes souffrant de compulsion alimentaire, elles ont tendance à utiliser la nourriture pour combler les besoins sexuels.
    • L’obésité offre par ailleurs une protection d’ordre sexuel
  • Abus sexuels
    • Ils sont souvent en relation avec les troubles du comportement alimentaire
    • Ils peuvent être d’ordre affectif, physique, ou sexuel
  • Les troubles du comportement alimentaire vont « apporter » :
    • une forme de protection (plus de relation avec la nourriture qu’avec les autres, être sexuellement moins attirant pour se protéger)
    • une façon de résoudre l’horreur des sentiments: l’anorexie s’anesthésie. La boulimique se coupe de ses sentiments, elle les recouvre. La mangeuse compulsive les refoule
    • une manière de détourner l’attention des vrais problèmes: une « couverture »
    • la neutralisation du sentiment de salissure: ainsi les troubles du comportement alimentaire sont souvent accompagnés de rituels de propreté, de l’ordre – qui crée un sentiment de maîtrise. Reprendre le contrôle d’elle-même. Ce que fait la personne anorexique en contrôlant ce qu’elle mange, la personne boulimique en vomissant, la personne mangeuse compulsive en faisant un régime.

6. La décision de changer

  • Changements chez le malade
    • La balance avantage/inconvénient comme amorce du changement
    • La guérison fait peur : avec la question de comment faire sans ce trouble ? comment assumer sa vie ?
  • Aides extérieures
    • Le travail en relation d’aide va permettre à la personne qui souffre de troubles alimentaires de « rejouer » avec la personne qui l’accompagne ce qui la mobilise dans son trouble et ainsi pouvoir en prendre conscience et en sortir. Ainsi la personne qui mange compulsivement et qui n’en a jamais asse

7. Le processus de guérison

Le processus est global : physique, affectif et spirituel

Veiller à son corps et à son alimentation o   Une aide médicale et diététique (pallier les carences)
Faire face à ses sentiments : un processus d’élaboration en relation d’aide

 

o   Exprimer les sentiments, comprendre et dénouer les liens dans les traumatismes vécus

o   Reprendre le chemin de l’expression de ses sentiments, vs le fait de venir avaler des aliments, oser s’exprimer à l’autre

o   Reprendre confiance et acquérir de la force intérieure

o   Trouver d’autres moyens d’affronter la vie, et de nouer des relations avec les autres

Faire des choix

 

o   Le changement est nécessaire dans 4 domaines : celui du corps, celui des émotions, celui de la gestion des sentiments et celui du comportement.

o   Le trouble du comportement alimentaire procure quelque chose de particulier à la personne, quand ce dernier comprend de quoi il s’agit, il peut commencer à faire des choix. Une grande partie de la guérison est dans cette compréhension du choix.

Comprendre ce qui se passe dans les pensées

 

o   Selon la théorie ABC des émotions : A. un événement survient => B. je le perçois => C. j’éprouve un sentiment. Le lien événement – sentiment n’est pas direct, la pensée et la perception interviennent
Poursuivre la vie : le domaine spirituel

 

o   Ici l’auteure partage ses éléments de foi religieuse.

o   Pour ma part, je reprendrais deux éléments qui me semblent important

§  La notion spirituelle de « faire confiance en la vie »

§  La notion de pardon, qui dépasse la notion religieuse et pour laquelle je ferai un article spécifique

 

Synthèse par Hélène Dujardin, sophrologue, praticienne en méditation de Pleine Conscience

Accompagnement de particuliers et professionnels.

Séances sur rendez-vous. Me contacter au 06 34 18 00 23.

 

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