Traumatismes : Comprendre ce qui se passe dans le corps et la tête, et Comment s’en Libérer avec la Thérapie en Intelligence Relationnelle
Introduction
Mémoire traumatique : vous avez déjà vécu une sensation de déjà-vu douloureux, des flashbacks ou une impression d’être coupé·e de vos souvenirs ? Ces réactions sont souvent liées à des bugs de mémoire traumatique, un mécanisme de survie où le cerveau, submergé par un danger extrême, ne parvient pas à enregistrer normalement les souvenirs.
Dans cet article, découvrez :
✅ Pourquoi un traumatisme crée des "bugs" dans la mémoire (amnésie, flashbacks, reviviscences).
✅ Le rôle clé de l’amygdale et de l’hippocampe dans l’enregistrement des souvenirs.
✅ Comment la mémoire traumatique se manifeste (symptômes, déclencheurs).
✅ Les voies pour s’en libérer, notamment grâce à la thérapie en intelligence relationnelle.
1. Qu’est-ce qu’un souvenir "normal" ?
Le circuit classique de la mémoire
Quand une expérience est correctement enregistrée par le cerveau (sans traumatisme), voici ce qui se passe :
- L’hippocampe (siège de la mémoire autobiographique) et l’amygdale (centre des émotions, notamment la peur) travaillent ensemble.
- Le souvenir s’inscrit avec :
- Une chronologie (début, milieu, fin).
- Une cohérence (il peut être raconté de manière logique).
- Une modulation dans le temps (il s’estompe progressivement).
- Une possibilité de partage (sans honte ni détresse).
Exemple : La madeleine de Proust – une odeur ou une sensation rappelle un souvenir avec une charge émotionnelle, mais sans blocage.
2. Pourquoi un traumatisme crée-t-il des "bugs" de mémoire ?
a- Le mécanisme du cerveau qui disjoncte
Lors d’un traumatisme (comme l’inceste, un accident, une agression), le cerveau est submergé par un danger extrême et surtout sans solution. Pour survivre, il disjoncte :
- L’amygdale (centre de la peur) s’active trop fortement.
- L’hippocampe (mémoire rationnelle) est déconnecté → Le souvenir ne peut pas être intégré normalement.
- Résultat : Le souvenir reste fragmenté, hors du temps, et non modulé (il ne s’estompe pas).
Conséquences :
- Amnésie traumatique (totale ou partielle) : Le cerveau "efface" le souvenir pour survivre.
- Mémoire traumatique : Le souvenir est piégé dans l’amygdale, sans traitement par l’hippocampe.
- Flashbacks ou reviviscences : Le souvenir resurgit sans contrôle, comme si l’événement se reproduisait.
b- Les caractéristiques d’un souvenir traumatique
| Souvenir normal | Souvenir traumatique |
| Chronologie claire | Sans début ni fin (fragmenté) |
| S’estompe avec le temps | Reste vif et inchangé |
| Peut être partagé sans détresse | Déclenche angoisse ou dissociation |
| Enregistré dans l’hippocampe | Piégé dans l’amygdale |
| Modulable | Figé, impossible à "digérer" |
Exemple concret :
Une victime d’inceste peut oublier l’événement pendant des années, puis le revivre par bribe et de façon plus « entière » via un flashback (odeur, lieu, voix). Le cerveau n’a pas pu intégrer le souvenir comme une expérience passée.
3. Les symptômes de la mémoire traumatique
a- L’amnésie traumatique
- Pourquoi ? Le cerveau efface le souvenir pour éviter une surcharge émotionnelle (risque de "surchauffe" du système nerveux).
- Conséquences :
- Sentiment de vide, de trous dans la mémoire.
- Incompréhension ("Pourquoi je réagis comme ça sans savoir pourquoi ?").
- Doute sur soi ("Suis-je fou/folle ?").
b- Les flashbacks et reviviscences
- Déclencheurs : Une odeur, un lieu, une voix, un toucher… réactive le souvenir traumatique.
- Symptômes :
- Revivre l’événement comme s’il se produisait maintenant (mêmes émotions, sensations physiques).
- Cauchemars, états de panique.
- Hypervigilance (sentiment de danger permanent).
Exemple :
Une personne agressée dans une rue peut éviter ce lieu ou sursauter au moindre bruit, des années après.
c- L’état de stress post-traumatique (ESPT)
- Symptômes :
- Irritabilité, troubles du sommeil.
- Évitement (fuir les situations rappelant le traumatisme).
- Sentiment de menace permanente (même en sécurité).
Pourquoi ?
Le cerveau n’a pas intégré que le danger est passé → Il reste en mode survie.
4. Peut-on guérir d’une mémoire traumatique ?
a- La voie : Réintégrer ce qui est « activé » dans un cadre sécurisé
Selon Peter Levine (créateur du Somatic Experiencing), la guérison passe par :
✅ Retravailler l’inscription corporelle du traumatisme (le corps "garde la mémoire").
✅ Recréer un lien sécurisé avec un·e thérapeute (pour retrouver un espace de sécurité en soi et avec l’autre, travailler sur le système d’alerte)
Mon approche :
En tant que thérapeute en intelligence relationnelle, je propose un accompagnement pour :
- Comprendre vos réactions (sans jugement) et vos schémas en lien avec vos traumatismes.
- Travailler sur les empreintes corporelles, traces des souvenirs piégés
- Travailler sur votre sécurité en vous et dans le lien
📩 Besoin de travailler sur vos souvenirs traumatiques ? Prenez rendez-vous.
b- Les étapes de la guérison
- Prendre conscience des symptômes (flashbacks, angoisses, amnésie).
- Comprendre les mécanismes en jeu, qui sont des mécanismes présents pour votre survie et votre protection
- Retravailler les empreintes corporelles, dans un cadre secure
- Réintégrer ce qui est actif, le souvenir dans un cadre sécurisé
5. Pourquoi la thérapie en intelligence relationnelle est efficace ?
La thérapie en intelligence relationnelle travaille sur :
✨ La réparation des liens (avec soi-même et les autres).
✨ La régulation du système nerveux (sortir du mode "survie") là où la dissociation a « coincé », figé le corps, laissant une empreinte traumatique.
✨ L’intégration de ce qui s’active
Dans le processus, ma croyance est que, ce qui se montre et s’active, est « absorbable » pour l’esprit à un instant T. et ce qui reste « dans la mémoire traumatique » l’est pour des raisons de protection. L’idée étant de faire confiance à l’intelligence du corps et de suivre son processus, tout en travaillant dessus.
6. Ressources pour aller plus loin
📅 Site de référence :
https://www.memoiretraumatique.org/publications-et-outils/articles-de-la-dre-muriel-salmona.html
📚 Livres :
- Le Corps n’oublie rien – Bessel van der Kolk.
- Guérir du stress, du traumatisme et de l’anxiété – Peter Levine.
🎧 Podcast :
- Écoutez l’épisode complet : ["Les bugs de mémoire dans le traumatisme"](lien vers votre podcast).
Conclusion
Les bugs de mémoire traumatique ne sont pas une condamnation. Ce sont des mécanismes de survie que votre cerveau a mis en place pour vous protéger. En comprenant ces processus et en travaillant avec un·e thérapeute, vous pouvez réintégrer ces souvenirs, retrouver votre équilibre, et vivre pleinement le présent.
Prêt·e à entamer ce chemin ?
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👉 Écoutez mon podcast Traumatisme & Renaissance : lien vers traumatismeetrenaissance.fr